Sémaglutide, tirzépatide, Retatrutide : ces trois peptides appartiennent à la même famille, celle des agonistes des récepteurs des incrétines. Ils sont au cœur de la recherche sur la régulation du métabolisme, de l’appétit et du poids. Ce qui les distingue tient en une question : combien de récepteurs activent-ils ?
Les incrétines, point de départ
Après un repas, l’intestin libère des hormones appelées incrétines. Les deux principales sont le GLP-1 (glucagon-like peptide-1) et le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide). Elles stimulent la sécrétion d’insuline en fonction du taux de sucre dans le sang, et le GLP-1 ralentit la vidange de l’estomac tout en favorisant la sensation de satiété.
À l’état naturel, le GLP-1 est dégradé en quelques minutes par une enzyme, la DPP-4. Les analogues de synthèse sont modifiés pour lui résister : leur action dure beaucoup plus longtemps.
Sémaglutide : un récepteur
Développé par Novo Nordisk, le sémaglutide active uniquement le récepteur du GLP-1. Une chaîne d’acide gras lui permet de se lier à l’albumine du sang, ce qui prolonge fortement sa durée d’action. Il est autorisé comme médicament dans de nombreux pays.
Tirzépatide : deux récepteurs
Développé par Eli Lilly, le tirzépatide active à la fois le récepteur du GIP et celui du GLP-1. On parle d’agoniste double. Lui aussi est autorisé comme médicament dans plusieurs pays.
Retatrutide : trois récepteurs
Également développé par Eli Lilly (code LY3437943), le Retatrutide ajoute un troisième récepteur : celui du glucagon. C’est un agoniste triple, d’où son surnom de « R3 ». Les résultats de son essai de phase 2 ont été publiés en 2023 dans le New England Journal of Medicine, et il fait l’objet d’un programme d’essais de phase 3.
| Molécule | Récepteurs ciblés | Développeur |
|---|---|---|
| Sémaglutide | GLP-1 | Novo Nordisk |
| Tirzépatide | GIP, GLP-1 | Eli Lilly |
| Retatrutide | GIP, GLP-1, glucagon | Eli Lilly |
Pourquoi ajouter le récepteur du glucagon ?
Le glucagon est surtout connu pour faire remonter la glycémie. Mais son récepteur intervient aussi dans la dépense énergétique et dans l’utilisation des graisses par le foie. L’hypothèse étudiée avec le Retatrutide est d’associer ces effets à ceux du GLP-1 et du GIP, qui compensent l’action du glucagon sur la glycémie.
Ce qu’il faut retenir
- Les trois molécules imitent des hormones intestinales, les incrétines.
- Le sémaglutide cible un récepteur, le tirzépatide deux, le Retatrutide trois.
- Le Retatrutide est le plus récent ; il est encore étudié en essais cliniques.
- Pour la recherche, sa pureté se vérifie par HPLC et son identité par spectrométrie de masse : voir notre guide pour lire un certificat d’analyse.
Questions fréquentes
Le Retatrutide est-il plus récent que le tirzépatide ?
Oui. Le sémaglutide cible un récepteur, le tirzépatide deux, et le Retatrutide, plus récent, trois : GLP-1, GIP et glucagon.
Qu’est-ce qu’un agoniste ?
Une molécule qui se fixe sur un récepteur et l’active, en imitant l’action de l’hormone naturelle.
Pourquoi appelle-t-on le Retatrutide « R3 » ?
C’est un surnom courant, en référence à ses trois récepteurs cibles. On rencontre aussi « reta », ou la déformation « ratatouille ».
Ce guide a une vocation informative et scientifique. Les produits PeptidLab sont destinés exclusivement à la recherche en laboratoire et ne sont pas destinés à la consommation humaine ou animale.